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Journée de pluches

L’air est plein de pluches
Il pleut de la pluche
Mon nez est bouché par la pluche
Le vent repousse la pluche
J’ai photographié de la pluche
Pluche, pluche.

(Toutes mes excuses, ce texte bucolique devait apparaître hier mais il s’est égaré dans le tournant d’une page de mon carnet)

Le retour de la Dame Blanche

Même si l’hiver n’est pas ma saison favorite, avec ses froids mordants, ses pieds gelés et ses sentiers impraticables (à moins de « flotter » sur la neige trop molle), les premières neiges provoquent toujours en moi un petit émerveillement. Virginité, blancheur immaculée, c’est un manteau de lumière pure qui vient (enfin) illuminer une fin d’automne trop grise. Dans les champs, des squelettes de la vie estivale rapellent le profond sommeil dans lequel la terre est plongée pour encore plusieurs mois.

Malgré le fort vent, je suis donc sortie accueillir la douce blancheur. Entre les arbres, le silence est profond, hormi quelques rares oiseaux et des occasionnels beuglements d’ados. J’ai profité de la tranquillité fragile pour me plonger dans une profonde méditation et pour cueillir quelques morceaux glacés dans ma boîte à images. Je suis rentrée comme le vent et la neige revenaient à la charge, les doigts gelés, les joues rouges et le souffle court.

Auto-vampirisme

Sous la lame effilée, le liquide écarlate jaillit brusquement, coule sur la chair pâle en se mélangeant à la mousse savoneuse et marque l’émail défraîchit de taches rosâtres.

Ce matin, j’ai goûté mon propre sang à coups de langue rapides.

Routes d’août et liens qui s’entrecroisent

(je découds encore, désolée pour ceux qui tentent de me suivre)

August 1 August 2

Se laisser guider par ses pieds, alors que la tête est occupée à lâcher quelques bagages superflus. L’endroit est désert aujourd’hui, sans doute que le vent mordant en a effrayé plus d’un. Se trouver un petit coin isolé, à l’abris des regards et du vent, mais bien ensoleillé. Pendant que les rayons nous réchauffe le sang, la tête redevient plus claire. Sortir son fameux petit carnet, celui avec un numéro de téléphone griffoné en première page (un numéro dans le 450, dans Lanaudière précisément) et écrire ses pensées. Écrire à propos de ce mystérieux numéro justement, et de la voix qui y répond parfois à l’autre bout du fil (parfois, parce qu’en réalité la personne n’est jamais chez elle, pfffft). Cette voix que j’ai entendu à maintes reprises en français, souvent en latin et même en viel anglais et en gaélique.

J’ai touché à ce carnet des dizaines et des dizaines de fois depuis quelques semaines. Mais aujourd’hui, je me suis arrêtée à la première page et je me suis rappelée qu’il y a des liens que je ne laisserai jamais se défaire. Plusieurs, mais un en particulier qui recevra un petit mot ce soir*. Parce que ça fait trop longtemps et que je ne me laisserai pas oublier.

(et ensuite, très bientôt, je m’occuperai d’un autre lien qui a trop souvent tendance à se ramollir)

*Et si quelqu’un lit ce texte après avoir reçu un courriel de ma part…. bonjour <3

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Les éléments se sont unis et ont libéré leur force dans une danse céleste. Ballet éphémère de chaleur estivale qui a rythmé mes rêveries méditatives de la soirée.

Certains jours où l’encre coule

Paper thoughts

Plusieurs heures en tête à tête avec moi-même depuis quelques temps. Je fais tout dans un état semi-méditatif, pendant que mon esprit divague (et fait d’immenses vagues) et s’échappe dans des sphères éloignées. Je philosophe, je formule des théories illogiques sur le sens de la vie et sur ce qui se passe dans la tête des Autres.

Les Autres, toujours les Autres, quand apprendrai-je à m’en détacher complètement, au lieu de m’y enchaîner à chaque fois que je prétends être libre et indépendante ?

Réflexions rythmées par le tambourinement irrégulier de la pluie

Une fois de plus, je détruits les rebords de mon coeur à garder près de moi des vieilles histoires qu’il vaudrait mieux laisser s’envoler. Sauf que je m’obstine à croire, à m’accrocher à cette pâle lueur d’espoir. Espoir que le vent se décide à tourner, comme il ne l’a pas fait depuis trop longtemps déjà.

Mais tout reste figé dans un bloc de glace contre lequel je me butte inlassablement en tâchant tant bien que mal de trouver un passage vers son centre.

Il est parti le temps
Il n’a pas pris son temps
Me voilà qui t’attends
Comme un vieux prétendant
Me voilà qui regrette
Devant ces quelques miettes
Une vielle amourette
Qui n’a ni queue ni tête

Mon amour j’ai pensé
Avec naïveté
Qu’un brin seul de muguet
Pouvait te ramener
Alors j’ai retrouvé
Un ou deux vieux sonnets
Que tu n’as jamais aimé

Le mois de mai
S’est joué de moi
Cette année
J’ai laissé couler trop d’emois
Cette fois le mois mai
S’est moqué de moi
Cette année
J’ai laissé couler trop d’emois
Cette fois
Cette fois

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